Obstruction des voies aériennes

[02PR01 / 12-2023] PSC①
Fiche Technique
Cas concret


Définition – Signes

L’obstruction brutale des voies aériennes (OBVA) est la gêne ou l’empêchement brutal des mouvements de l’air entre l’extérieur et les poumons, par un corps étranger.

  • d’obstruction partielle, lorsque l’air peut encore atteindre les poumons. La respiration reste efficace.
  • d’obstruction complète lorsque l’air ne peut plus atteindre les poumons. La respiration n’est plus efficace ou impossible.

Causes

Les corps étrangers qui sont le plus souvent à l’origine d’une obstruction brutale des voies aériennes sont les aliments (noix, cacahuètes, carottes) ou des objets (aimants de magnets, jouets). L’OBVA peut survenir à tout âge, mais elle est plus fréquente chez l’enfant et chez la personne âgée.
L’obstruction se produit le plus souvent lorsque la personne est en train de manger, de boire ou de porter un objet à la bouche.
Des facteurs de risques exposent au risque de survenue d’une OBVA par corps étranger comme la prise de médicaments, d’alcool, les maladies neurologiques qui diminuent ou altèrent la déglutition ou la toux, la démence, mais aussi une mauvaise dentition.

Risques

Si après inhalation d’un corps étranger, le passage de l’air dans les voies aériennes est menacé ou interrompu,
l’arrivée de l’oxygène jusqu’aux poumons peut être réduite ou stoppée, pouvant compromettre rapidement
la vie de la victime.
Sans une intervention rapide, elle entraîne : une hypoxie, une perte de connaissance, puis un arrêt cardiaque
en quelques minutes.

Signes

Si la victime peut parler, crier (notamment enfant ou nourrisson), tousser et respirer, parfois avec un bruit
surajouté, l’obstruction n’est pas totale. Elle peut durer plusieurs minutes après l’accident, car la respiration
n’est pas complètement interrompue.
Si la victime ne peut plus parler, crier, tousser ou émettre un son, garde la bouche ouverte, s’agite, devient
rapidement bleue, alors l’obstruction est totale.

Principes d’action

L’action du sauveteur doit permettre :

  • de désobstruer les voies aériennes en cas d’obstruction totale ;
  • d’empêcher toute aggravation.

Conduite à tenir

Dans tous les cas

  • continuer d’encourager la victime à tousser2 ;
  • surveiller l’efficacité de la toux ou l’apparition de signes de fatigue.

Si la victime ne peut plus parler, crier, tousser3

Si la victime ne peut plus parler, crier, tousser3

  • laisser la victime dans la position où elle se trouve, généralement debout ou assise ;
  • donner de 1 à 5 « claques dans le dos » ;
  • réaliser de 1 à 5 « compressions » en cas d’inefficacité ou d’impossibilité de pratiquer des « claques»
    o au niveau abdominal, s’il s’agit d’un adulte ou d’un enfant ;
    o au niveau thoracique, s’il s’agit :
    § d’un nourrisson ;
    § d’un personne obèse ou d’une femme enceinte, s’il est impossible d’encercler
    l’abdomen ;
    § d’une personne alitée ou allongée, difficilement mobilisable.
  • répéter le cycle « claques dans le dos » et « compressions » ;
  • interrompre les manoeuvres dès :
    o l’apparition d’une toux efficace, de cris ou de pleurs ;
    o la reprise de la respiration ;
    o le rejet du corps étranger.
    Si la victime respire (toux efficace) ou après le succès des manoeuvres
  • installer la victime en position d’attente, confortablement4 et sans délai ;
  • desserrer les vêtements ;
  • faire alerter ou alerter les secours5 et appliquer leurs consignes ;
  • protéger contre la chaleur, le froid ou les intempéries ;
  • surveiller en permanence la victime et lui parler régulièrement.
    Si la victime perd connaissance
  • l’accompagner au sol ;
  • réaliser une réanimation cardio-pulmonaire.
    1 Confère les signes de l’obstruction.
    2 Une victime qui est éveillée, réactive et capable de tousser doit être encouragée à le faire, car la toux génère une pression élevée et soutenue dans
    les voies respiratoires et peut expulser le corps étranger.
    3 Confère les signes de l’obstruction.
    4 Par exemple sur un lit, une chaise, ou un canapé, ou à défaut sur le sol.
    5 Même si la désobstruction est efficace de petits corps peuvent passer dans les voies aériennes et dans les poumons et provoquer des complications
    secondaires. Les manoeuvres de compressions, même réalisées correctement, peuvent provoquer des lésions internes.
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    [02FT03 / 07-2026] PSC
    Désobstruction par des claques dans le dos
    Indication
    Cette technique est indiquée en cas d’obstruction des voies aériennes par un corps étranger chez une victime
    consciente incapable de :
  • parler ou de tousser, ou dont la toux devient inefficace (adulte, adolescent, enfant) ;
  • pleurer fortement ou de reprendre sa respiration (nourrisson, jeune enfant), notamment lorsqu’elle
    est nourrie, qu’elle mange ou qu’elle jouait sans surveillance.
    Justification
    Le but de cette technique est de provoquer un mouvement de toux pour débloquer et expulser le corps
    étranger qui obstrue les voies aériennes.
    Réalisation
    La technique de désobstruction des voies aériennes varie en fonction du gabarit de la victime.
    Chez l’adulte et le grand enfant
  • se placer sur le côté et légèrement en arrière de la victime ;
  • soutenir le thorax avec une main et pencher la victime vers l’avant ;
  • donner de 1 à 5 claques vigoureuses dans le dos, entre les omoplates, avec le talon de la main ouverte.
    Chez la victime qui peut tenir sur la cuisse du secouriste
  • s’asseoir et basculer la victime sur sa cuisse, la face vers le bas ;
  • donner de 1 à 5 claques vigoureuses dans le dos, entre les omoplates, avec le talon de la main ouverte.
    Chez la victime qui peut tenir sur l’avant-bras du secouriste1
  • maintenir sa tête avec les doigts, de part et d’autre de la bouche2 ;
  • coucher la victime à califourchon sur l’avant-bras, la face vers le sol ;
  • incliner la victime afin que la tête soit plus basse que le thorax ;
  • donner de 1 à 5 claques vigoureuses dans le dos, entre les omoplates, avec le talon de la main ouverte.
    Points clés
    La claque doit être donnée :
  • entre les omoplates ;
  • avec le talon de la main ouverte ;
  • de façon vigoureuse.

  1. Le fait d’encourager à tousser aide au rejet du corps étranger.